Patrimoine et histoire minière

Histoire minière

Les mines de fer

Le minerai extrait à St Georges était transporté et travaillé dans Belledonne et jusque dans les Bauges et en Haute-Savoie. Sa haute teneur en manganèse le rendait plus résistant et est à l’origine probable de la légende qui veut que Durandal, la fameuse épée du neveu de Charlemagne, ait été fabriqué avec le fer  de St Georges.

Situé au hameau de la Minière, le Grand Filon est une maison thématique rappelant l’histoire des mines des Hurtières qui étaient les plus grandes mines de fer de la Savoie. Un parcours muséographique (théâtre optique, diaporama haute-définition, kiosque vidéo, jeux interactifs) propose de revivre les 700 ans d’exploitation minière. Le parc rappelle toutes les étapes de la métallurgie, expliquant comment la roche devient métal, la galerie expérimentale Saint Louis et la galerie Sainte Barbe avec ses salles monumentales  retracent les parcours des mineurs des siècles passés, l’école reconstituée recrée l’atmosphère d’une classe du XIXème siècle.

L'ancienne école de la minière    

L’école du hameau de La Minière a été construite en 1891 pour les 55 enfants des mineurs. Avant cela, la classe se faisait chez l’instituteur. L’école a fermé en 1939 lorsque l’instituteur a été mobilisé pour partir à la guerre. Elle a brûlé en 1944. Le musée de l’école a été aménagé dans ses locaux en 1995, sur une proposition de l’inspection Académique et avec la participation des instituteurs du canton. Les habitants du village ont apporté des photos, des diplômes, des objets divers… Les petits peuvent ainsi découvrir l’encre et la plume, et les anciens se replonger dans leur souvenir d’enfance. En 1996, Monsieur Jacky VITTOZ, instituteur artiste, réalise, avec les élèves du CE1 et CE2 de l’école d’Aiguebelle, une fresque représentant un bâtiment scolaire avec l’intérieur d’une salle de classe ancienne et aussi des écoliers en récréation avec leurs jeux d’autrefois. Occasionnellement, et en particulier lors des Journées du Patrimoine, des épreuves du Certificat d’étude (archives anciennes) sont proposées aux amateurs. Des exercices de calcul, de sciences, des questionnaires de géographie et d’histoire sont également préparés.

La chapelle Sainte-Barbe

La chapelle baroque de la Minière date du XVIIème siècle (1661). Elle et dédiée à Sainte-Barbe (patronne protectrice des mineurs), représentée dans la peinture murale, Sainte-Lucie (patronne des tailleurs de pierres) et Saint-Bernard-de-Menton (patron des montagnards). Elle est restaurée en 1883 puis en 1985, les peintures étant refaites à l’identique. La grille en fer forgé des Hurtières, portant la date de 1668 et le nom de l’artiste –G.Bonnet-, est remarquable. Une grille semblable existe à Chambéry, rue Croix d’Or, sur l’hôtel particulier des Castagnery, famille à qui appartenait les mines de Saint Georges. On autre existe également dans le chœur de la vieille église d’Annecy.

L'Eglise Saint-Georges

Elle a été construite au 17ème siècle sans doute sur les fondations d’un ancien édifice. Sur le bas du clocher, à l’extérieur, on peut lire la date de 1658. Le portail porte la date de 1751. Il provient de l’église de la place St Léger à Chambéry, qui avait été démolie.

L’église a été agrandie ou modifiée plusieurs fois : en 1827, en 1844 (nouvelle sacristie) en 1860 (construction de la nef de gauche), 1869 (construction d’une tribune qui n’existe plus aujourd’hui). L’église est restaurée en 1999. Dans le choeur, un vitrail à droite, probablement du XVIème siècle, porte l’écusson de la famille MIOLANS-URTIERES ; un vitrail à gauche porte le blason de Monseigneur Grumel, évêque de 1924 à 1946.

La statue du grand Christ en Croix (XVIIè siècle) est restaurée en 1998. Le tableau « Le martyr de Saint Georges » de Laurent DUFOUR, déposé au fond de l’église, est restauré en 2001. Sous la peinture du chœur, on a redécouvert en 1997 des peintures murales anciennes exceptionnelles : l'emploi de la couleur verte est rare, le rouge très bien conservé. Ces peintures sont laissées en l’état. Sous le vitrail de gauche on voit clairement un personnage qui porte les armoiries de la famille DE ROVORÉE. Il s’agit d’ AMÉDÉE DE ROVORÉE, neveu du dernier MIOLANS-HURTIÈRES, mort sans enfants et dont la sœur, épouse DE ROVORÉE, a hérité. (C’est à cette époque que se termine l’histoire des MIOLANS HURTIÈRES puisque les enfants du chevalier représenté sur la peinture, vendront le fief des Urtières au Comte de La Chambre.)

Sur la place de l’Eglise se dressent quatre totems en bronze, œuvres d’art crées en 1999 par INIS. Un de ces totems a été moulé à partir de dessins réalisés par les enfants de l’école primaire des Hurtières.

Le Château

Le château des Hurtières était situé au pied du Chef Lieu de St Georges d’Hurtières, perché sur un monticule qui domine la vallée de l’Arc, face à la Charbonnière d’Aiguebelle (où était le château des Comtes de Savoie). Aujourd’hui, seul le mur de soutènement, existe encore. On remarque son montage en « arête de poisson », méthode de construction typique du moyen âge.  

Le mandement du château de St Georges d’Hurtières s’étendait sur les trois paroisses des « Urtières » : St Georges, St Alban et Belleville. En ce lieu existait une famille dite « des Urtières » dont le premier membre connu est Etienne, cité en 1173 comme bienfaiteur de la Chartreuse de St Hugon en Val Gelon.      En 1198 Nantelme possède le fief. Au XIIIème siècle apparaît un membre important, Aymon, frère de Antelme, Seigneur des Urtières, qui sera évêque de Maurienne de 1273 à 1301. Second personnage important de la famille : Aymon II également évêque de Maurienne, de 1308 à 1334. C’est lui qui connaîtra la fameuse révolte populaire locale (la révolte des Arves) conduisant, par le traité de Randens du 2 février 1327, à un partage du pouvoir avec Edouard Comte de Savoie. Le mandement des Urtières était un petit état dans l’état. Le Seigneur des Urtières faisait partie de l’entourage du Comte de Savoie. Pierre d’Urtières est châtelain des Bauges de 1341 à 1344, il siège au Conseil de Régence pendant la minorité du Comte Amédé VI. Son frère et successeur, Anthelme d’Urtières,  époux d’Alix de Savoie-Achaïe, participe à la croisade du Comte Vert en Orient, pour défendre Constantinople.

A la fin du XIIIème siècle, Amédé d’Urtières, sans postérité, a pour successeur Jean de Miolans. Une branche de la famille de Miolans reprend alors le nom d’Urtières. Les armoiries des Miolans-Urtières, datées du XIVème siècle, sont reproduites sur un vitrail de l’église de St Georges d’Hurtières, ce vitrail est classé monument historique. Les Miolans-Urtières ont fourni de nombreux administrateurs à la Maison de Savoie (bailli, châtelain, chef d’armes, etc….) Au XVème siècle, les divisions successorales font que la seigneurie des Urtières est partagée entre plusieurs copropriétaires (dont la famille de Rovorée, suite à l’alliance d’Antoinette de Miolans-Urtières avec Jacques de Rovorée). De plusieurs ventes ou échanges de terres avec le Comte de La Chambre il résulte que, finalement, celui-ci possède bientôt l’intégralité des Urtières. En 1623, la dernière dame de La Chambre, sans descendance, lègue ses biens au Prince Thomas de Savoie. Le fils revend la Baronnie des Urtières au sénateur Jean-Baptiste Castagnery de Châteauneuf. La famille de Castagnery (originaire de Gênes, puis fixée dans la vallée de Lanzo en Piémont), était arrivée en Maurienne en 1510 pour exploiter les mines de Maurienne. Et ils ne s’intéressent qu’aux ressources minières. Ils revendent donc les terres cultivables, dont le château, aux habitants de la commune (le secteur est toujours propriété privée). A cette époque le château est en ruine, mais on ne sait pas dater sa disparition. Le dernier acte connu, établit dans ses murs est daté du 15 novembre 1471 : il s’agit du mariage de Louise de Rovorée et Etienne de Blonay.

Les historiens du siècle passé suggèrent que le château aurait pu être détruit en 1536 par François 1er ; celui-ci ne pouvant venir à bout du fort de Charbonnière se serait vengé sur les environs... On peut penser aussi que la bâtisse a fini par s’écrouler faute d’entretien et d’utilisation, par manque de confort.  Aujourd’hui le site a été aménagé en parcours de santé.

Le site du Plan du Bourg

Le hameau du Plan du Bourg est l’un des nombreux hameaux de SAINT GEORGES D’HURTIERES; Il domine la vallée, à 740 mètres d’altitude et n’est plus habité depuis la tragédie du 14 mars 1944.

Pendant la 2ème guerre mondiale, les F.T.P. avaient organisé un camp volant dans le hameau, d’où ils partaient pour des missions diverses. Le 14 mars 1944, à la suite d’une trahison, huit Résistants, âgés entre 20 et 23 ans, ainsi que François GIRAUD, 65 ans, seront massacrés par les nazis. Le hameau sera entièrement détruit.

La commune a racheté le site il y a une vingtaine d’années, une stèle commémorative a été installée, ainsi qu’une table, des bancs et un point d’eau, et, dernièrement, un chemin de la mémoire.

Le lieu est très fréquenté aujourd’hui, par les personnes intéressées par son histoire, et aussi  par les randonneurs qui le découvrent fortuitement à l’occasion de ballades à pied ou en raquettes (vers Montgilbert).

La Ferme Pillet et les fours à pain

Elle a été construite, en pierre sèches, par la famille PILLET, originaire du Pontet, dans les années 1850. Elle a été rachetée par la commune aux derniers héritiers de cette famille en 2001.

C’est un des rares bâtiments, datant d’avant la dernière guerre, qui existent encore aujourd’hui, la commune ayant été bombardée et incendiée par les allemands en 1944. 

A l’origine, la ferme se composait d’une habitation, d’une écurie, de granges et de greniers ainsi que d’un café qui a brûlé en 1930 sans avoir été reconstruit, jusqu’à la restauration par la commune.

Dans l’ancienne écurie la mairie a aménagé le Musée des 4 Saisons, elle a  réhabilité l’ancien bistro et à l’étage, elle a installé la bibliothèque intercommunale.

Le Musée des 4 Saisons

Découverte du terroir par un appel aux sens, apprentissage des astuces et remèdes de grand-mères, objets anciens de la vie rurale, dégustation selon la saison, plantes culinaires et aromatiques dans le jardin, bistrot d’autrefois… Nombreuses sont les découvertes au Musée des 4 saisons ! Le Musée est ouvert sur réservation pour les groupes d’au moins 15 personnes. Tél. : 04.79.36.11.05

Les fours à pain

Ce sont des anciennes constructions implantées au centre des hameaux, qui ont rassemblé les habitants pendant des générations. La plupart de ces fours cessèrent leur activité après la dernière guerre, lorsque la culture du blé fut abandonnée. Mais aujourd’hui, ces fours connaissent une nouvelle jeunesse en étant reconstruits et régulièrement réutilisés au cours des dernières décennies pour les fêtes de villages très prisées par les habitants et les touristes. C’est ainsi qu’ont été réhabilités le four du Reposet et le Four du Plan du Bourg